Boulot, ivresse et autres bizarreries de Mike Kasprzak

Le 28 août 2013 à 13 heures 08, je me prends une grosse claque en pleine tête. Pas vu venir celle-là. Celui qui me la donne est l’auteur de ce recueil de nouvelles Boulot, ivresse et autres bizarreries, Mike Kasprzak.

Si la quatrième de couverture m’avait interpellé, je ne m’attendais pas à en sortir de la sorte. Je ne m’attendais pas à m’en prendre autant en plein visage. Explosion de trop plein. Ça ne fait pas toujours du bien mais bordel ! Qu’est ce que j’aime ce genre de plume brutale, violente, acide et ironique. Haleine d’alcool bon marché. Odeur nauséabonde. Misère. Littérature. Un poil de philosophie. Boulot. Routine assassine. Ivresse. Errance. Jurons. Si le narrateur semblait errer sur cette planète qui ne lui correspond pas, il en vient rapidement aux mains. Révolution silencieuse puis soudainement criarde. Chaque nouvelle est un coup droit, un uppercut bien placé sur la tête du lecteur qui encaisse autant que son narrateur. On inspire. On expire. On suffoque. On étouffe même à force d’être brutalisés, bousculés, secoués par cette plume criante de vérité.

Je n’ai que trop lu des romans où les auteurs s’essaient à ce genre : celui de la criante vérité faite du langage parlé et injurieux. Beaucoup se brisent les dents sur le trottoir en voulant feindre un langage qu’ils ne maitrisent pas, dont ils ne soupçonnent pas les vertus. Mike Kasprzak, lui, parvient à faire de sa plume une arme redoutable, jouant avec les mots, les registres. Oh nous sombrons parfois dans la vulgarité mais j’aime cette vulgarité se noyant dans un trop plein de sentiments et d’émotions. Cette vulgarité, c’est de la Beauté à l’état brut. Certains lecteurs ne comprendront surement pas, se bloqueront et s’offusqueront à la moindre mention du mot « merde », « cul », « baise » … mais ces lecteurs perdront l’occasion de rencontrer l’humanité quotidienne, routinière, celle que nous avons à de trop nombreux coins de rues. Ne faites pas comme eux et osez ! Osez tourner les pages de ce trop plein d’(in)humanité.

Je ressors de ce recueil de nouvelles à bout de souffle et un peu troublée, je dois l’admettre. Diplômée, sur-diplômée, je suis passée par pas mal des phases décrites dans ce livre. Je suis passée entre autres par la case pôle emploi, la jonglerie ente l’espoir et le désespoir, la fuite d’une routine assassine et empoisonnante au goût de bière. C’est en se détruisant qu’on se construit, c’est ce qu’ont pensé certains sociologues. Je pense que c’est en se retrouvant au fin fond du trou qu’on apprend à se connaître … et qu’on se construit réellement. Boulot, ivresse et autres bizarreries est un de mes coups de cœur du moment.

Je remercie l’auteur de m’avoir offert la possibilité de découvrir ce recueil avant sa date de sortie. Alors voici, merci Monsieur Kasprzak pour ce délicieux moment de lecture ! Et à force d’avoir écrit votre nom, je parviens même à l’écrire sans regarder de modèle (un peu comme avec le nom de Nietzsche, finalement!).

PLUS D’INFOS : Le recueil Boulot, ivresse et autres bizarreries sort début septembre (le 19). 3€99 en format numérique. Mike Kasprzak vous offre la possibilité d’acheter le livre avec une carte e-livre (un code pour télécharger le livre et un emplacement pour une dédicace personnalisée). ‘La carte Mike Kasprzak dédicacée à la tache de vin, c’est pas beau ?’ Alors, j’espère que vous allez foncer vous le procurer, venir m’en parler et en parler à l’auteur qui se fera un plaisir d’en discuter avec vous … Je vous le dis, ce recueil est une pépite !

Site de la maison d’édition / Facebook de l’auteur / Blog de l’auteur

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7 réflexions sur “Boulot, ivresse et autres bizarreries de Mike Kasprzak

  1. Livresse des Mots dit :

    Aaaahhh, j’étais en train de me dire « JE LE VEUX !!! » (parce que ta chronique est parfaite) jusqu’à ce que je vois qu’il sort en format numérique -_-‘ Je ne suis pas équipée pour lire en numérique, quelle dommage !
    Rah, je le veux quand même ! ^^

    • Spleen la Jeune dit :

      merci beaucoup 😉
      il est en format numérique mais peut-être que tu peux l’imprimer toi-même, non ? moi j’avais fait ça une fois dans mon ancienne entreprise … gloups.
      parce qu’il déchire vraiment comme livre. très prenant.

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