La drôle de vie de Bibow Bradley d’Axl Cendres

Bibow. Sacré personnage. Bibow c’est un produit purement américain sorti tout droit de l’Illinois des rednecks. Là où on ne pense qu’à boire, s’occuper de son boulot et encore boire. Lire et écrire ne sont que des pertes de temps qui laissent plutôt indifférents. Enfance dérisoire. Histoire de famille sans grand intérêt hormis la tonalité comique pour le lecteur, c’est l’armée qui finalement lui ouvre une issue de secours à cette vie qui laisse indifférent. Pas surprenant quand on pense aux films sur cette thématique. On se souvient tous de ces personnages plutôt jeunes tout droit sortis de leur campagne lointaine, de leur bled paumé qui se retrouvent plongés dans une guerre à laquelle ils ne comprennent absolument rien.

Qui dit États Unis dit forcément guerre et agences secrètes. En effet, c’est la guerre du Vietnam qui révèle en premier lieu, le personnage, l’homme sans état d’âmes capable de tuer sans ressentir le moindre remord, la moindre culpabilité, la moindre crainte. Comprenez qu’il s’agit là d’une aubaine dans une époque politiquement troublée. La CIA voit en ce misérable Bibow une arme secrète, un agent redoutable et le voilà enrôlé parmi les porteurs de cravates.

Derrière cette guerre, nous y découvrons notre source parodique favorite en ce qui concerne les états unis : la paranoïa américaine poussée à son paroxysme presque ridicule. La recherche d’une société dite parfaite. Une obsession telle qu’on n’hésite pas à éliminer tout ce qui pourrait détourner les États Unis de ce but ô combien louable (n’est ce pas ? vous avez le droit de tousser après cette remarque, je tousse !). On y croise les russes (incontournables à cette époque ! on les aime !), les hippies, le duo madame xénophobie et monsieur racisme.

Tout au long de ce roman, nous suivons les pas de Bibow, cette âme égarée. Nous déambulons avec lui dans différents – décadents – tableaux américains. Si certains comparent le personnage au célèbre Forest Gump, je pense que derrière cette montagne de points communs entre la manière dont est racontée l’histoire et le décor de cette dernière … il se cache un point fondamentalement différent. Bibow n’est pas un idiot, son personnage se précise et se dessine au fil du roman. Nous découvrons un personnage répondant à sa propre morale et ses propres règles : peut-être que ça en est un peu inquiétant parfois.

Avec son personnage haut en couleurs, Axl Cendres nous libre une satire originalement ficelée des Etats Unis d’hier (mais ont-ils réellement changé aujourd’hui ?). Moi, j’ai beaucoup ri à la lecture de ce roman et parfois, je me disais : non mais est-ce que je dois réellement rire ? Bref, ce roman est une véritable pépite. Axl Cendres nous avait déjà démontré que sa plume aiguisée utilisait les registres de langue à la perfection sans jamais tomber dans une vulgarité inutile. Axl Cendres nous prouve encore que les mots n’ont aucun secret pour elle.
Merci Axl Cendres pour cette bouffée d’air frais et merci à la collection Exprim’ chez Sarbacane !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s