Le Dévastateur de Rolland Auda

Tu ouvres le livre et dès la première page tu te prends une violente claque. Pas même le temps de dire « ouf » que tu te retrouves nez à nez avec Diego, 12 ans, à la rue et surtout « qui t’emmerde ». J’ai ouvert ce livre en étant un peu énervée et je dois dire que j’ai souri en lisant les paroles de Diego. Ce gamin m’a tout de suite plu. Entouré d’une joyeuse bande d’arnaqueurs qui parlent le « ouinche », un langage dont vous n’avez jamais entendu parler et auquel vous devrez vous habituer. Bizarrement, ça m’a fait tout de suite penser à Orange mécanique et à ces mots glissés par-ci par-là que nous n’avons jamais entendus, qui ne veulent rien dire et que pourtant, nous comprenons. Le décor de ce roman, c’est chez nous, d’ici quelques années. Un monde presque semblable aux descriptions post-apocalyptiques que vous allez découvrir sous le point de vue de différents narrateurs. Un monde qui nous semble familier mais qui pourtant n’existe pas.

Outre ce coup de cœur pour les personnages (vous l’aurez compris), il est temps de vous parler de l’intrigue rythmée et qui ne s’essouffle pas au bout de deux pages (Dieu merci !). Dans un monde post-apocalyptique, vous vous imaginez bien que rien ne va. Rien ne se déroule normalement et que la corruption bat son plein. Alors si je vous parler de trafic d’organes, de meurtres, de prise de pouvoir, vous n’êtes pas surpris, pas vrai ? Au sein de ce joyeux bordel, vous avez Julius. Une sorte de catcheur intitulé le Dévastateur qui a pour objectif de remettre un peu d’Ordre dans ce monde. Grosse mission pour un mec habillé de la sorte ! Une mission importante qui va causer de nombreux rebondissements dans le quotidien des différents personnages (tous habilement construits par l’auteur). De la bagarre, un peu de sang, un peu de viscères étalés sur le bitume, des insultes tordues … et vous voilà accroché à votre livre alors qu’il est déjà trois heures du matin. Bien joué ! Demain, tu vas devoir te lever tôt … ou plutôt dans quatre heures ! C’est ce qui m’est arrivé, malheureusement ou heureusement. C’est à voir selon le point de vue. J’avais simplement envie d’en savoir davantage, d’en avoir plus. En réalité, le « ouinche », on devient rapidement accro et on finit presque par le parler.

Je recommande ce livre à un public averti : certaines âmes sensibles pourraient être choquées par certains passages que j’ai personnellement a-do-ré ! Du rebondissement, une plume talentueuse, une narration qui se calque au rythme du roman à la perfection, un langage auquel on devient rapidement accro.

Le dévastateur possède les ingrédients nécessaires à me faire sortir d’une lecture, conquise. Merci aux Editions Sarbacane qui décidement regorge de petites merveilles.

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4 réflexions sur “Le Dévastateur de Rolland Auda

  1. Fabienne dit :

    Depuis le temps que tu me casses les oreilles avec ce roman, tu publies enfin (ENFIN) sa chronique ! Comme je te l’ai déjà dis, il est désormais sur ma table de chevet, prêt à être dévoré.

  2. Tibo dit :

    Merci pour cet article !
    Quel bonheur de voir des titres auxquels on tient tant être si bien lus !!!…

    Au fait, oui, le ouinche est un pur clin d’œil au méta-langage de Burgess dans l’Orange Mécanique, bien vu !

    Tibo
    resp. coll. EXPRIM’

    • Spleen la Jeune dit :

      C’était un régal !
      Et ce genre de clin d’oeil ne peut que confirmer dans mon jugement : ce livre est extra ! 🙂

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