Hurlements de Joe Dante

Dès le générique, on sent que l’on va avoir affaire aux médias, à la télévision ou que du moins ils vont y être pour quelque chose : des écrans avec du brouillard, des voix humaines s’exprimant à travers des micros. Où sera le rapport avec les médias ? Pour l’instant, je ne me pose pas de questions : je me contente de regarder, studieuse. Mais, j’obtiens rapidement une réponse puisque nous arrivons directement parmi une équipe de télévision. L’équipe classique de télévision : la jolie et jeune journaliste qui veut se la jouer reporter de terrain et qui traque (ou est traquée) par un criminel nommé Eddie ; un couple de journalistes « in » ; le méchant manager qui veut de l’audimat. L’intrigue est simple : cette journaliste traque et est traquée par un criminel (qui dit crime, dit audimat). Elle doit le poursuivre. Les flics sont là pour veiller à la sécurité de tous et ils sont surtout là pour rassurer l’époux impuissant face à « sa femme courageuse ». Dans un sex shop (sans nul doute pour faire référence aux légendes sur les lycanthropes : on les imagine toujours dans des situations sensuelles, sexuelles … les animaux), elle rencontre finalement Eddie … Image violente d’une femme se faisant violer comme Eddie qui pénètrera à jamais l’esprit de cette jolie jeune femme. Il la marque comme cette femme est marquée par ses violeurs.

Pan. Pan. « Le tireur d’élite » touche le loup garou qui tombe au sol. Du sang.

Voilà les ennuis qui commencent. Traumatisée par l’image de cet homme tombant raide mort sous les balles ? ou cet homme au visage inhumain ? ou cette atmosphère sombre dans laquelle elle est restée plongée quelques minutes ? Elle cauchemarde. Elle ne parvient plus à vivre correctement et Docteur arrive pour l’amener dans sa colonie. Une communauté qui ne  nous rassure pas du tout mais qui à mes yeux est classique. Dans les films du genre, encore aujourd’hui, nous retrouvons les mêmes personnages : le vieillard édenté, la nymphomane, le fou du village (le frère de la nymphomane), le couple sans souci en apparence, le shérif ou représentant de la loi.

Et là on se dit : à quand les loups garous ?! Quand est-ce que l’on va voir des poils ? Des dents pointues ? Des griffes ? Il faut que je voie ça ! Joe Dante joue avec nos nerfs … le brouillard, la forêt (classique), les bruits dans la nuit. Classique pour créer de l’angoisse même si aujourd’hui, cela nous fait plus sourire que frémir. On aperçoit un visage parmi les buissons : Eddie ? Serait-il encore vivant ? Eh oui, il est sorti de la morgue. Un sourire sadique se dessine sur les lèvres des spectateurs qui n’attendent que ça : le retour du méchant loup garou !

Et là enfin il y a des loups garous. Des attaques. Des coups de griffe. Une scène de nus qui a fait beaucoup rire la salle ; moi y compris. A partir de ce moment, Joe Dante se fait plaisir avec des effets spéciaux très spéciaux. Je pense à la main du loup garou qui se fait couper à coups de hache (la fameuse hache trouvée par hasard comme dans de nombreux films du genre) : une main de loup garou qui reprend forme humaine après moult battements visqueux. Je pense SURTOUT à la scène de transformation. Oui, elle dure longtemps. Mais sérieusement : n’est ce pas magnifique ? Je veux dire que pour l’époque, c’est quand même bien fait. On s’y croirait presque … pas vraiment mais il y a de l’idée. Le visage qui bat de manière ridicule. La bouche qui se déforme en un rictus (amusant) pour finalement devenir dangereuse. Une mâchoire et un nez qui s’allonge pour prendre celle d’un loup. Une dentition Halloween-esque. Des vêtements qui se déchirent sous la pression des muscles qui se développent. Les oreilles pointues qui poussent sous la crinière d’Eddie. Voilà notre loup garou tant attendu !

Heureusement notre héroïne reste stoïque et attend la fin de la transformation du loup-garou avant de lui jeter de l’acide (?) qui ressemble d’avantage à de l’urine. Elle prend la fuite en poussant les célèbres cris de Blonde.

La deuxième transformation n’aura pas le même effet. Deux balles d’argent par le nouvel héro et on n’en parle plus. Il est venu sauver les jeunes femmes ; il n’est pas là pour se tourner les pouces. D’ailleurs, je me suis même demandée s’il allait avoir suffisamment de balles pour tous les tuer mais … il y a le feu. Où avais-je la tête ? Il fait cuire quelques loups garous qui soudain deviennent de plus en plus nombreux car ils en rencontrent jusqu’à la fin.

Fin au cours de laquelle la journaliste se fait mordre. Zut ! Elle se fait mordre par son homme en plus.

On les retrouve sur le plateau de télévision. Après un petit discours sur la nature humaine, sur le côté animal des hommes … nous sommes face à un chihuaha ou un chat. Personnellement, ça m’a fait penser à la Belle et la Bête avec XX : une bête plein de poils mais pas hirsutes ; une crinière comme coiffée. Adorable ! On rit !

Deux balles d’argent !

Et on met les publicités … de la nourriture pour chien. Les joies de la télévision. J’ai adoré cette référence aux médias, à la publicité et au ridicule des auditeurs qui ne croient pas vraiment ce qu’ils voient et qui à force de voir des films ne croient plus en rien.

Et puis, petit clin d’œil, la nymphomane est toujours en vie … les loups-garous sont parmi nous.

Ma conclusion. Un excellent moment : j’ai beaucoup ri. J’ai également vu toutes les références que nous pouvons désormais retrouver dans les films d’aujourd’hui. Joe Dante m’a bluffé par ses effets spéciaux (comme toujours). Il m’a bluffé par la qualité des prises de vue : à travers les yeux du loup garou, en plan serré ou non. On plonge dans l’histoire même si on n’y croit pas. Rythmé ; on ne s’ennuie pas …

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