Les Tangences Divines de Frank Ferric

Introduire la mythologie dans le monde moderne ? Cela peut sembler surprenant aux premiers abords mais la fantasy urbaine a gagné ses lettres de noblesse depuis quelques années et elle a surtout gagné mon cœur. L’idée de mêler des époques, des religions m’a tout de suite plu et c’est donc avec un réel plaisir que j’ai pu ouvrir Tangences Divines.

Théodule Emporos. N’ayant jamais fait de grec, je hausse les épaules en me disant « soit ». Ce personnage qui se révèle être un véritable héros remplit tous les critères nécessaires pour obtenir mon respect, mon amour et ma passion. Il est apathique, cynique, froid, distant, perdu dans une vie qu’il ne s’était jamais imaginé vivre, marié à une femme qu’il ne reconnait plus, as-social. Connaissant les égouts comme sa poche, il les arpente pour réparer ce que les gens du haut détruisent sans vraiment le savoir. Sur ce point, je tiens à souligner les connaissances expertes de l’auteur. J’imagine que Frank Ferric a dû faire de nombreuses recherches sur les souterrains de Paris afin de connaitre le vocabulaire adéquat mais surtout afin de décrire ce qu’il s’y cache.
Nous entrons donc dans la vie de ce banal égoutier Parisien. Une vie routinière. Rien ne sort de l’ordinaire hormis cette rencontre avec ce vieillard alcoolique répondant au doux prénom de Silène. Une rencontre pas si fortuite que ça qui le mènera tout droit dans une aventure digne des épopées antiques.

Cette épopée est simple. Du moins, en principe. Il faut dire que Théodule doit retrouver un Dieu supposé Mort. Des dieux ? Difficile d’admettre pour un Athée ou Agnostique que Dieu existe, que des Dieux existent. Imaginez-vous deux secondes à la place de ce cher Théodule ? Est-ce que vous y auriez cru ? Sa vie morose l’a poussé à y croire, à vouloir y croire. Après tout, il n’avait rien à perdre ; à part du temps. Nous suivons donc les pas de Théodule, découvrant la mythologie antique et moderne. Aux côtés de Pan, nous découvrons de nouveaux Dieux comme Publicité (anciennement Echo) ou encore Dollar (un Dieu quasiment invincible digne de notre société capitaliste). J’ai trouvé vraiment amusant – voire ironique – d’ajouter de tels Dieux à ce roman. Après tout, il est vrai que désormais peu de personnes se disent croyantes. Les mortels perdent la Foi ou du moins, ils n’ont plus foi en Dieu. Ils s’en sont crée d’autres : comme l’argent, Dollar. Tout passe par l’argent désormais. Triste portrait de nos sociétés modernes …

Comme si cela ne suffisait pas, il faut que l’auteur nous aide à prendre conscience que la vie des mortels n’a aucun sens. « La poussière seule résume l’homme ». Joli portrait de nos existences. Nous ne sommes que les pantins des Dieux ? Cela me rappelle quelques nouvelles que j’ai pu lire il y a quelques années, quelques films également (Constantine par exemple) au cours desquels nous voyons Dieu et Lucifer se battre pour les âmes des mortels : savoir qui aura le plus « d’influence » sur l’homme. En résumé, nous ne sommes que les misérables moutons des Divinités.
Mais rassurez-vous, les Divinités aussi rencontrent un tas de problèmes. Elles risquent de s’endormir si on ne croit plus en elles. Elles risquent de disparaitre et se battent à travers les différents lieux qui leur sont accessibles dont les fameuses Tangences Divines (concept que j’ai particulièrement apprécié et qui m’a semblé … logique ?!).

En résumé, j’ai beaucoup apprécié ce roman. Je pense que la plume de l’auteur m’a beaucoup aidé sur ce point. Les descriptions sont la plupart sublimes grâce aux vocabulaires, aux lexiques, à la syntaxe. Il y a une certaine fluidité dans la plume de l’auteur qui permet de tourner les pages sans vraiment se fatiguer… Nous suivons réellement les pas de Théodule comme si nous vivions nous même l’aventure. Inventif, ce roman m’a fait découvrir une fantasy urbaine parisienne que je ne connaissais pas : le Panthéon Parisien qui devient un champ de bataille, de nouveaux dieux jusque là méconnus, une humanité poignante qui ne sombre (heureusement) pas dans le mélodrame. Et, surtout, une fin qui n’est pas attendue. Une fin qui me surprend, qui est libre d’interprétation. Une fin poétique qui m’a laissé une lueur d’espoir : suis-je utopiste ? …

Je remercie par conséquent Accros et Mordus de m’avoir fait découvrir ce roman mais également les Editions du Riez qui m’ont permise de parcourir avec gourmandise ce roman que je conseille à tous les curieux et aux amoureux de la Mythologie.

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