Les vies valses de Franck Fouillet

En ouvrant le livre et en parcourant les premières pages de ce roman, je ne m’attendais pas à en sortir aussi bouleversée. Je ne m’attendais pas à frémir, à sourire, à rire et à être émue. Je m’imaginais lire le récit de deux vies banales, sans heurt. Deux vies parmi tant d’autres qui n’allaient pas me toucher. Mais, ce fut tout le contraire qui se produit !

Gaston et Jeanne. Un couple. Deux amants. Des parents. Deux vieux agriculteurs. Dès les premières lignes, nous plongeons dans leur intimité. Peut-être est-ce une stratégie de l’auteur pour nous en rendre complice, pour créer ce lien (qui finit par exister) entre nous et ces personnages qui deviennent peu à peu des personnes à part entière. Ce ne sont plus que les héros de ce roman, ce sont des individus que j’ai peut-être croisé dans la rue, derrière qui j’attendais à la caisse du supermarché. Leur naturel, leur vie, la routine : toutes ces choses les rendent humains et me font prendre conscience que je finis par les apprécier, les aimer. Je fais presque partie de leur famille. La famille ; certainement une clef de ce roman. Tout tourne autour de ces relations au sein d’une famille nucléaire. Les parents, les enfants voire les petits enfants. On grandit. On quitte le nid pour prendre son envol. On revient. On repart. On se retrouve seul. On apprécie puis vint la mélancolie. Cela me fait penser à ma mère qui répète sans cesse : « on ne fait pas des enfants pour les garder avec soi toute sa vie » … Sans doute mais je peux imaginer ce que peut ressentir une mère en voyant son enfant la quitter pour aller construire sa propre vie. Mais n’allez pas croire qu’il s’agit d’un roman mélancolique dans lequel on ne rit jamais. J’ai souri et parfois ri en découvrant les frasques de ce couple qui s’envoient des sarcasmes mais qui ne peut s’empêcher de s’aimer. Leurs petites scènes d’amour, leur complicité qui ne s’effrite pas avec les années.

Les vies valses est un roman composé de plusieurs morceaux de vie … à la fois drôle, triste, touchant, sarcastique. Il est le reflet de ce que peut être une vie : tout ça en même temps. Nous sommes pris dans la valse de leur vie, dans le tourbillon de l’évolution de cette famille et je dois dire qu’on y perd presque pied. On engloutit ce roman pour connaitre la suite, le prochain épisode : le célèbre « et ensuite ? ». Un quotidien léger et familier par sa banalité qui, pourtant, ne vous ennuie pas. Je suis encore sous le charme de cette histoire de vie.

Merci à Franck Fouillet, l’auteur, de m’avoir fait prendre conscience de l’importance des souvenirs, de tous les souvenirs. Et surtout merci à Mon petit éditeur de m’avoir permis de découvrir ce roman et d’y succomber. Je vous le recommande vivement !

Le pont des arts de Catherine Meurisse

En ce moment, les seules bandes dessinées que je lis sont les tombes de Walking Dead. Il était grand temps de changer d’air.

Le pont des Arts. A la lecture de la quatrième couverture, je me suis dis : « Oh mon dieu ! Voilà un livre qui propose un sacré challenge. » Lequel est-il ? Ouvrir l’érudition au plus grand nombre et qui plus est grâce à l’humour ! Comment Catherine Meurisse allait-elle pouvoir faire sourire en mentionnant les grands noms de la peinture et de la littérature ? Curieuse, je décidais de me lancer dans cet ouvrage et merci à la curiosité de m’avoir offert cette possibilité.

A peine ais-je ouvert cette bande dessinée que je me suis laissée porter par la plume de conteuse de Catherine Meurisse. En effet, elle parvient à saisir ces grandes histoires d’amitié, d’amour entre les arts. J’ai appris en riant : la myopie de Théophile Gautier, des blagues autour des toiles de Manet, Baudelaire comme guide de Musée… Que vous ayez connaissance ou non de toutes ces anecdotes, vous allez apprendre : plusieurs niveaux de lecture que vous pouvez développer grâce à l’Index qui se situe à la fin de l’album et qui permettra aux curieux d’en savoir davantage sur les peintres et auteurs cités.

Savant, drôle, irrévérencieux, cet album sera un délice pour les amateurs d’art et de littérature ! Merci aux Editions Sarbacane pour m’avoir offert la possibilité de me lécher les babines devant cet album. Un pur moment de plaisir.

En exclusivité, quelques vignettes :

La mort, j’adore ! Alexis Brocas

MERCI AUX EDITIONS SARBACANE POUR CES FOUS RIRES RENDUS POSSIBLES GRACE A CE TRESOR !

 

Trois jours. Trois jours pour que je finisse la lecture de ce premier tome dont j’avais entendu parler sur la Toile. Trois jours durant lesquels je n’avais qu’une envie : lire la suite au plus vite, connaitre les folles aventures de ma Clémence préférée. La Mort, j’adore. Nous sommes obligés de s’arrêter sur un titre comme celui-ci et si le doute vous vient tout de même, je vous conseille de vous procurer ce livre et de le dévorer.

Commençons par les personnages et l’héroïne notamment. Clémence, adolescente pas très jolie (pour être polie, car elle est décrite comme horriblement laide), humiliée, marginalisée. Cette adolescente que je trouve tout de même assez caricaturée m’a plus par sa Verbe, son Caractère mais surtout pour son sens de l’autodérision et le regard qu’elle porte sur le Monde et sur les Autres. Avec Clémence, on fait le grand écart : soit on l’adore, soit on la déteste. En réalité, c’est ce qui la rend humaine. Ces réactions sont tout simplement marquées par les sentiments et non par la raison. J’ai apprécié cela en elle : on se reconnait dans son impulsivité digne des adolescents. Eh oui, Spleen la Jeune a également été une adolescente.

La plume de l’auteur a été pour moi un véritable coup de cœur. Il faut dire que j’ai toujours eu un petit faible pour les écritures fluides, naturelles et un brin provocantes. On s’y plonge très rapidement, on se laisse happer par le flot de ses phrases. On dévore chacun des chapitres comme si notre vie en dépendait. Je me revois encore parcourir des pages en souriant, en grimaçant et même en m’arrêtant quelques instants sur  une phrase pour m’imaginer la scène. Les comparaisons, les métaphores, les expressions : tout est là pour vous permettre de vous imaginer la scène dans le moindre détail. Là est le charme de la plume d’Alexis Brocas.

Cette plume porte une histoire originale (oui oui, j’avoue que pour une fois on ne tombe pas sur les classiques caricatures pour adolescents mal dans leur peau ! merci Alexis Brocas !) qui séduit grands et petits … même les plus difficiles comme moi. Histoire déjantée au rythme diaboliquement prenant, on se laisse porter par la plume et par les propos de Clémence. Les propos de Clémence ? Oui, car nous découvrons toute la vérité à travers la voix de Clémence. Tout le monde y retrouve la référence à Entretien avec un vampire mais tout au long du livre, on retrouve des références du genre … j’ai adoré !

Ma conclusion pour ce premier tome ? MAIS BORDEL ! IL ME FAUT LA SUITE ! Ah oui … j’ai oublié de vous dire, l’auteur joue avec nos nerfs à la dernière page ! =D Avouez, vous avez envie de découvrir Clémence ?!

 

Quelques citations marquantes (selon moi) du livre :

J’ai tiré le bâillon pour que ma belle-mère puisse répondre. Au lieu de ça, elle s’est mise à hurler :
– Détache-moi ! Clémence ! Je te jure, je ne dirai rien à ton père !
Grotesque. Je me suis tournée vers Élodie, et lui ai adressé un sourire d’autant plus étincelant qu’on venait de me changer les bagues. Un sourire de titane.

Élo s’est jetée sur ma belle-mère comme une Éthiopienne sur un Mac Deluxe.

Il considère mon front ravagé par l’adolescence, ces joues assorties qui me valent encore, chez tous les connards du lycée qui ne sauront jamais, le surnom de Framboise…

Cet homme athlétique, vieux (51 ans) mais séduisant, serré contre mes 17 ans, mes 1 700 boutons, mes 70 kilos… Certes, je n’ai rien d’une victime de premier choix, mais il en faut pour tous les goûts…

Quand ils se sont mis à me traiter de débile, je n’ai pas pu leur donner tort : je devais l’être, puisque je ne trouvais jamais rien à leur répondre. Alors, le soir, je me réconfortais à grands shoots de Nutella. Du coup, j’enflais à vue d’oeil, comme pour leur présenter une cible plus facile à tteindre.

Ensuite parce que bouffer son prochain avait toujours été sa passion. Passer de la métaphore à la éalité
l’enchanterait…

– Poursuivez, dit-il comme un prof.
C’est ça, pauvre type.

Aussitôt, les petites bulles rouges se sont emplies de blanc, la peau qui les emprisonnait s’est tendue, et crac ! Quatre jets simultanés. Tout en cicatrisant, j’ai passé un mouchoir sur la glace avec un air de satisfaction… qui est retombé aussitôt, avec le carré de cellulose souillée, dans la corbeille.

Top Ten Tuesday

Le Top Ten Tuseday consiste à donner chaque mardi un nouveau top 10 selon un thème littéraire prédéfini qu’on découvre sur le blog français de Iani. Le thème de cette semaine :

Les 10 meilleures adaptations cinématographiques ou télévisuelles de livres.

1 – Harry Potter notamment à l’école des sorciers.
2 – Baise-moi.
3 – 99 F.
4 – La saga Millenium (pas la version américaine par pitié !)
5 – Les liaisons dangereuses. (aussi bien les versions modernes que les plus classiques).
6 – La saga Narnia.
7 – Oscar et la dame en rose.
8 – Walking Dead.
9 – La ligne verte.
10 – Ca.