Sur la tête de l’amour de Boris Lanneau

Quand on me parlait de banlieue, de cités HLM, je ne voyais que « La haine », NTM (mon dieu ! comme j’aime ce groupe !) et ces œuvres qui ont parlé des quartiers dits sensibles (je déteste cette expression…). Ce roman publié chez Sarbacane nous ouvre les portes d’une cité, d’une nouvelle banlieue, d’un nouvel éventail de personnages détonants.

On nous ouvre les portes d’un monde où se mêlent poésie, réalisme et tranches de vie. Le rap. Le slam. La langue française. Les mots. Du rythme. La musique. L’amour. La haine. La rancœur. La joie. L’innocence. La naïveté. La brutalité. Les embrouilles. Le bitume. Les appartements. Les halls d’immeubles. Les baskets. Les joggings. L’ennui. Les arnaques. Les deals. L’écriture. Les rires. Les larmes. LA VIE. Dans ce roman, on marche sur les pas de ces adolescents. On les suit dans leur quotidien. On nous y peint une vie banale voire routinière ; mais banalité ne veut pas dire ennui que ce soit pour le lecteur ou pour les personnages. Non. L’auteur parvient à instaurer une certaine rythmique à son œuvre comme s’il était le rappeur de son propre écrit. La poésie de ses métaphores, ses allégories à chaque coin de page, les événements qui se succèdent, tout se bouscule pour nous offrir des morceaux de vie, LA vie.

N’allez pas croire qu’il s’agit d’un roman dont il est simplement question de musique et de MJC pour adolescents. L’auteur nous y a peint la vie d’un quartier, de ses habitants, de leurs petits au plus importants tracas … j’ai aimé ce roman pour la grandeur qu’il offre à la Vie au cœur de ces géants d’aciers que sont les immeubles.

J’ai lu 50 cents de Thomas Carreras

Il est bien connu que j’aime les livres originaux et que je ne suis pas particulièrement fan de livres fantastiques. Il faut dire que 50 cents commençait mal avec cette idée de pièce magique ; je me suis dis que j’allais encore devoir lire un ramassis de conneries sur une potentielle relique magique. Oh mon dieu ! Je cherchais déjà la sortie mais en réalité, cette fameuse pièce de 50 cents n’est que la raison pour faire rencontrer tous ces personnages, pour entrer dans le roman. Tant mieux !

50 cents est aussi ficelé et emmêlé qu’un film de Guy Ritchie, c’est peu dire. Des mini-intrigues, des mini histoires, une multitude de personnages qui se retrouvent tous liés à cette foutue pièce de 50 cents. On aurait pu croire qu’avoir une multitude de personnages allait nous embrouiller mais loin de là, chaque personnage est construit et est une caricature à lui tout seul. L’auteur raconte ses personnages avec amour et avec une grande attention. Ca fait plaisir de voir qu’on peut très bien dépeindre plusieurs personnages dans un roman sans en bâcler la moitié. Par exemple, nous avons les deux flics (je les ai adoré et j’avais même l’impression de revoir le binôme de Pulp Fiction qui ne sont pas des flics mais ils m’ont fait pensé à eux. Ce binôme surprenant mais qui colle), la tueuse complètement barje accompagnée de sa Bonnie, le tueur à gages gentleman, un gang mexicain, un vétéran qui n’aurait rien eu à faire là, un baron du crime russe, un biker drôlissime, un ancien chef de guerre africain, un croque mort et bien d’autres encore. Ils ne semblent pas avoir grand-chose en commun et pourtant, leurs routes ne vont jamais cesser de se croiser et recroiser. A chaque croisement, vous souriez ou soupirez. Vous vous dites : « NON. Pas possible ! » … mais si, c’est possible. C’est l’auteur qui en a décidé ainsi.

Ajoutez à ces personnages des scènes rocambolesques, des situations parfois absurdes, des dialogues acides (j’ai adoré les dialogues qui contiennent à mon avis de petits bijoux de répliques cultes sans oublier les remarques/notes de l’auteur qui m’ont décroché de nombreux sourires !). Le sang gicle. Les balles fusent. Les rires sont gras. Les sourires sont viciés. Bordel, ce que ça fait plaisir de lire un bouquin aussi acide que celui-ci.

50 cents, c’est un peu le condensé de mes références cinématographiques, musicales et littéraires. Je crois que Thomas Carreras pourrait être un très bon pote à moi, en fait. Personnellement, j’y ai vu du Snatch, du Arnaque Crime et Botanique, du Rock’n'rolla … rien que pour ça, je vous le conseille de le lire. C’est détonnant.

Chapeau bas l’artiste ! Un premier roman à l’intrigue finement mené et porté par une plume drôlement aiguisé. Ca promet ! SARBACANE arrive à nous dégoter de sacrées belles plumes. MERCI ! :)

Nouvelle ville ; Nouveau départ

Le soleil est parti et me laisse de nouveau dans le froid allemand. Je ne semble pas encore habituée à ce vent et pourtant, je viens du Nord. Sinon, pour vous donner un peu de mes nouvelles, je déménage à nouveau. Changement de décor mais toujours dans la même région d’Allemagne. Je rejoins une ville plus petite et plus jolie (mais ça, on s’en fout, je sais) pour vivre avec mon amie.  C’est un nouveau départ qui implique une nouvelle recherche active de travail. Ne parlant pas la langue, je vais devoir passer par des mini jobs. A moi les restaurants et leurs plonges, priez pour moi pour que j’ai un poste.

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Parlons lecture, je suis en train de lire 50 cents de Thomas Carreras et j’en savoure chaque page. Je pense pondre un petit avis sur la question d’ici environ 1 semaine.

Frangine de Marion Brunet

Je pense qu’il est avant tout important de préciser que ce roman m’a surement touché plus que d’autres lecteurs. Pourquoi est-ce que je peux me permettre d’affirmer cela ? Parce que je suis homosexuelle, que je suis en couple avec une femme dont je suis amoureuse depuis le premier jour où j’ai croisé son regard. Les question du mariage, des enfants finiront par se poser dans un climat français troublé. Quand j’ai commencé à lire ce roman, je n’ai pu qu’en admirer son actualité et son caractère – malheureusement – polémique. Alors évidemment, vous comprendrez la raison qui fait que ce roman est cher à mon cœur.

L’histoire n’est pas très compliquée même si pour certains personnages qui apparaissent dans le livre et pour certaines personnes malheureusement existantes dans la vie de tous les jours, ça l’est. C’est juste une jolie histoire de famille, un portrait de vie. Nous entrons dans cette famille homoparentale sous le point de vue de Joachim, l’aîné. Le seul homme de la famille ? Un choix ? Il nous présente sa vie quotidienne d’adolescent de terminale, ses potes, ses parents, sa petite copine, ses premières folies hormonales mais il nous parle également de sa petite sœur, Pauline. Elle aussi arrive au lycée, elle passe « du pays enchanté aux terres menaçantes du Mordor ». Sa naïveté, sa candeur l’amènent vers la haine de ses camarades à cause de sa famille, de l’amour de ses mères, de sa différence. Personne ne semble réellement se rendre compte de l’ampleur que cela prend pour l’adolescente qui se transforme, qui devient une autre, l’ombre d’elle-même.
Mais l’amour est plus fort que la haine, n’est ce pas ? Et c’est ce que m’inspire ce roman. Ce roman m’a confortée dans mes idées. En effet, je ne cesse de dire à mon amie que ce qui m’effraie le plus dans le fait d’avoir un enfant est de devoir lui expliquer pourquoi certains nous craignent, ne nous aiment pas, nous jugent sans nous connaitre, nous haïssent sans même savoir qui nous sommes. Comment expliquer ce déferlement de haine à mes futurs enfants ? c’est ce qui m’a toujours inquiété et je trouve que ce roman apporte une bien jolie réponse : par l’Amour. « Tout ne se règle peut-être pas un câlin » mais l’amour de deux mères et d’une famille toute entière peuvent permettre d’aller au-delà de tous ces jugements et de cette haine.

Et, c’est grâce à cet amour inconditionnel que Pauline se relève parce qu’elle se relève. Plus forte. Plus grande. Elle gagne en confiance en elle, en charisme, en sourire. Elle devient mature. Elle est plus forte pour affronter le monde extérieur, bien loin du cocon créée par ses parents.

La vie est un éternel combat. Elle nous met perpétuellement au défi. Face à l’intolérance. Face à la lassitude d’un travail qui ne vous épanouit plus. Face à de vieux démons. Face à l’absence d’une mère aux moments les plus importants de votre vie. Face à la surprotection de deux parents aimants au moment où vous voulez voler de vos propres ailes. La vie est faite de combats. Parfois, on combat seul, peut-être pour se prouver que l’on peut y arriver par nos propres moyens. Parfois, on a besoin de l’autre sans qu’il ne soit au premier plan mais juste le fait de savoir que quelqu’un est là pour nous épauler, nous conforter et nous aider à nous redresser si jamais on courbe l’échine. Chez « Frangine », c’est l’Amour qui unit cette famille qui devient une arme redoutable pour remporter ces combats.

Je sors de cette lecture plus forte que lorsque je l’ai entamé. Je me dis que nous serons des mères incroyables et que nos enfants Thalys ou RyanAir seraient exceptionnels. Oui, Frangine me permet de regarder fièrement vers l’avenir. Ce n’est peut-être qu’un livre pour certains mais pour moi, c’est plus une nouvelle flèche à mon arc de la tolérance. Alors, je voudrais prendre dans mes bras cette auteure Marion Brunet qui avec une plume juste et adolescente (j’ai adoré !) ouvre les voies de la Tolérance. Mais également la collection Exprim’ de lui avoir offert la possibilité de nous livrer ce petit bijou.

Petit clin d’œil : « Si quelqu’un t’a fait du mal, assieds-toi au bord de la rivière. Un jour, tu verras passer son cadavre. » Quand j’ai dit cela à mon Amie, elle a souri et je pense lui faire lire ce petit bijou. Elle doit le lire. Oh et puis j’ai adoré la conclusion criante de Vérité : les parents (deux femmes, un homme & une femme, deux hommes, un homme, une femme), quand tu es adolescent, ça craint ! Tous les adolescents s’accordent dessus ! :)

Tifenn : 1 Punk : 0 de Vincent Mondiot

Le soleil brille haut dans le ciel. Je regarde dans le frigo, il me reste quelques bières. Je souris. A moi l’après-midi dans un parc allemand ! Assise en tailleur dans l’herbe du parc, j’écoute les Meteors tout en sirotant ma bière avant d’ouvrir ce livre. Tifenn : 1 – Punk : 0 de Vincent Mondiot. Le titre m’a tout de suite inspiré et la quatrième couverture davantage.

On ne nous ment pas sous la marchandise. Il est bien question d’un roman sous forme de journal intime mettant en scène une adolescente pas comme les autres (si seulement les adolescentes étaient toutes comme elles …) qui se retrouve à suivre la tournée de concerts de son frère, batteur d’un groupe punk.

Quand j’ai commencé la lecture de ce roman, j’ai soupiré et enfoncé ma tête entre mes mains en me disant que cela allait encore parler d’une adolescente malade, d’une adolescente pas comme les autres qui réfléchit sur la vie à travers des aventures rocambolesques mais néanmoins ennuyeuses. On allait encore nous faire la morale à travers les dires d’une adolescente, nous tirer les larmes grâce à de longues tirades sans fin. J’avais déjà la nausée à ses pensées mais j’ai décidé de continuer et je dois avouer que j’ai bien fait. Vincent ne nous peint pas le récit de vie d’une adolescente malade, non ! Certes Tifenn est malade, certes nous avons quelques passages sur les symptômes de sa Maladie mais à chaque fois ils sont traités de manière pudique, sobre et simple. Nous ne nous formalisons pas à cette maladie qui pourtant est le déclenchement de tout et qui devient l’épée de Damoclès lors de certains passages. Elle m’est apparue au second plan, derrière cette quête de fraternité et cette découverte d’un monde  jusque là inconnu.

Je me suis davantage focalisée sur cette personnalité, cette soif de découverte et son humanité quasiment maladive. Elle m’a rappelé mes années d’adolescence et je crois que c’est un peu pour ça que je me suis attachée à elle. Tifenn fait partie de ces personnages que l’on apprécie et dont on aime suivre les (mes)aventures. Il y a ces scènes cocasses dans lesquelles les adolescents et plus vieux se reconnaissent aisément. Puis, il y a tous ces clichés (?) sur le monde punk-rock que vous connaissez si vous vous intéressez un peu à cette musique et son univers. Les squats, les bières, les stands de merch’, le Van, le boucan environnant, le manque de douche, les pâtes fromage. Cela m’a rappelé de vieux souvenirs. Je crois que Vincent est parvenu à nous dépeindre un bout de l’univers punk sous le regard naïf et curieux d’une adolescente qui, malgré tout, reste bien dans ses pompes. J’étais ravie de voir que Tifenn n’était pas l’adolescente paumée que l’on retrouve souvent lorsqu’un auteur traite du sujet des adolescents. Elle a les pieds sur terre. Elle boit des bières, fume un peu d’herbe et des cigarettes mais elle n’en reste pas moins consciente de ce qu’elle fait, de ce que la société pense d’elle. Si je devais avoir une adolescente, je voudrais qu’elle soit Tifenn. Aux oubliettes l’adolescente détestant ses parents, bonjour l’adolescente se forgeant ses propres expériences de manière néanmoins (plus ou moins) responsable.

Tifenn 1 – Punk 0 est un roman drôle et léger qui ravira les adolescentes et jeunes adultes nostalgiques d’une période bénie et insouciante. Je l’ai dévoré en une journée, c’est pour vous dire combien je l’ai apprécié. Ce « bout » de vie chopé au hasard (la narratrice, Tifenn, nous décrit ainsi : « lecteur inconnu qui a trouvé ce fichier sur mon ordi ou je ne sais quoi ») devrait faire l’unanimité !
Les Collection Exprim’ signent un nouveau coup d’éclat avec ce roman moderne et bien écrit. Merci à eux de mettre en lumière des auteurs talentueux traitant de sujets originaux et pourtant si actuels. Je finis donc avec un VINCENT MONDIOT : 1 ROMAN CLICHE SUR LES ADOLESCENTS : 0

Petit clin d’oeil : Je crois qu’un de mes potes ressemble beaucoup à Ar. :)

un retour sur la toile

mur du souvenir

C’est en direct de l’Allemagne sur un clavier Qwerty que je vous annonce mon retour officiel sur la toile, sur mon blog, sur ma page facebook. Je ne vous ai peut-être pas manqué mais vous, vous m’avez manqué ! Je n’ai pas arrêté de lire pendant mon déménagement et le virement qu’a pris soudainement ma vie. Préparez-vous à relire quelques chroniques …

Littérairement votre,
Spleen la jeune

Top Ten Tuesday

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Iani.

Les 10 livres que je voudrais recevoir pour Noël…

1 – Zombillenium d’Arthur de Pins
2 – Apocalypse bébé de Virginie Despentes
3 – Carrie de Stephen King
4 – les Walking Dead qui me manquent à partir du tome 9 (oui, ça fait beaucoup mais c’est Noël)
5 – La maison des damnés de Richard Matheson
6 – Quelques Ratus pour ma nostalgie de l’époque hivernale
ensuite, pour Noël, j’aime que l’on me fasse découvrir des auteurs et des coups de cœur donc souvent, on m’offre des livres dont je ne soupçonnais pas l’existence et j’adore ça.

Et vous, quel est votre TTT cette semaine ?